Confusions Spirituelles (A paraître)

La version révisée de « Confusions Spirituelles » est en cours d’édition chez Tâ-Shalom Editions, Les livres de la liberté.

Date de Parution de la version illustrée: 01 juillet 2017

Cliquez sur le lien pour lire la Fiche Complète de Confusions Spirituelles (Mises à jour le 17 juin 2017

Extraits de la version révisée

Nouvelle I: Les esprits pervers

Les ancêtres disculpés. Le temps vient à bout de tout mensonge.

― Tu ne sais donc pas ? Il vit avec ses ancêtres et il les traîne partout. Disait l’homme.

― C’est impossible. Les morts sont morts et n’ont rien de commun avec les vivants. Disait le second homme.

― C’est faux et c’est moi qui te le dis, on dit au village que si tu n’honores pas tes ancêtres, tu porteras la malédiction. Expliquait le premier.

― Ne confonds pas la tradition et la vérité. Les morts sont vraiment morts. Tout le reste n’est que mensonge. Défendait le second.

― Je t’assure que tu as tort. Je parle toutes les nuits avec mes ancêtres et il nous arrive même de manger ensemble. Disait le premier.

― Tu es fou ! Tu délires ! Tu n’as aucune preuve de ce que tu avances. Rien ne prouve que les gens que tu vois dans tes rêves sont tes grands-parents. Disait son interlocuteur.

― Si ! Je me suis renseigné auprès des vieux au village et ils m’ont dit que j’ai beaucoup de chance. Selon eux, c’est la preuve que je marche dans les bénédictions ancestrales. Les tiens vont te maudire si tu continues de les négliger. Avertissait le premier homme.

Je sursautai et me réveillai. Dans le rêve duquel je sortais, le dialogue surpris tenait sur moi un langage inquiétant. « Il vit avec ses ancêtres et il les traîne partout » ; disaient-ils.

Le cœur anxieux et chagriné, je m’efforçai de rendre grâce à Dieu : « Seigneur, merci de m’avoir accordé de voir ce jour. Tu es merveilleux, Tu es bon. Toutes tes œuvres sont justes et dignes de louange ». Je ne pus prier longtemps. J’étais bloqué, incapable d’ajouter quelque mot que ce soit.

Je saisis la Bible, version Louis Segond ; je l’ouvris et tombai sur l’Evangile selon Matthieu, chapitre 5, versets 23 à 26 qui dit :

« Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande.

Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que tu ne sois mis en prison. Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies payé le dernier quadrant. ».

Alors que je méditais le sens de ce texte, mon cœur battait vite ; il battait très vite ; la culpabilité et l’inquiétude m’envahirent. Mon esprit redevint troublé et agité. Devant la force du texte biblique, je me mis à évaluer ma peine : « Au travail, les collègues me rejettent ; leur mépris est insupportable et je ne veux plus y aller. Et si je porte des lunettes fumées, je pourrais braver le froid de mes yeux ; mais ce serait lâche de ma part. Je ne veux plus y aller, stop. Sortirai-je au moins durant la journée ou resterai-je enfermé et terrorisé par les frayeurs de mon imagination ainsi que par les défis de mes pensées ? Mes voisins m’accusent et me montrent du doigt. Les boutiquiers ont des attitudes bizarres et se méfient. Mes amis s’éloignent et les derniers fidèles qui me restent distancent leurs visites ».

Nous étions Lundi matin et mes pensées résistaient toute consolation. L’évaluation de ma socialité me réduisait au rang des parias. Malgré moi, l’évaluation suivit son cours : « Je supporte depuis bientôt deux mois des accusations sordides. Demander pardon. Demander pardon à qui et pourquoi ? A ce que je sache, je ne leur ai fait aucun mal et c’est eux qui me repoussent sans cause. Mes collègues, mes voisins et mes amis chuchotent à mon sujet et je me sens partout seul et non désiré.

Et si Dieu m’avait abandonné Lui aussi ?

Je n’arrive plus à prier. Moi qui pouvais louer et adorer Dieu pendant des heures sans me lasser, voici qu’une minute de prière m’est devenue impossible.

Je dois pourtant aller au travail, sinon comment paierai-je le loyer ? Que ferai-je pour le paiement des factures courantes ? Les gens disent voir des gens qui me ressemblent dans leurs rêves. Quand j’approche, ils baissent le ton et murmurent ».

Je passai la journée perturbé et affamé car mes provisions étaient épuisées. Etais-je encore sensible à la faim ? L’homme dévoré par le chagrin connaît-il la sensation de faim ? A quoi bon vivre quand la vie semble achevée, détruite par le déshonneur et la disgrâce des esprits invisibles ?

J’avais besoin d’orientation. Je voulus m’appuyer sur le texte biblique de la méditation matinale ; mais cela n’avait rien de facile. « Comment demanderais-je pardon sans connaissance des faits ? Comment demanderais-je pardon sur la base des chuchotis captés çà et là ? Et comment reprendrai-je ma vie en main si l’exigence du pardon est l’incontournable ? » ; mes interrogations avaient besoin de réponses.

J’entrepris de rencontrer John, le seul frère qui croyait encore en moi.

Aux environs de vingt heures, je me rendis chez lui. Après les salutations qui furent bien pesantes, j’eus la gorge bloquée. Que devais-je dire ? Que dire qui me garantît la perpétuation de la confiance de mon ami ? Le silence est un refuge de qualité face aux risques de la parole.

Le silence se fit long. Les images du journal télévisé défilèrent les unes les autres et ne purent distraire mon chagrin. Mon esprit était dépité et grincheux. Les colportages avaient fait du chemin et je craignais à présent que cette amitié me lâchât. La tristesse et l’amertume me gardaient sous leurs chaînes.

Que pouvais-je bien dire ? Je n’avais plus le sens de l’humour et je savais mes propos maladroits. Lassé d’attendre indéfiniment le meilleur moment, je forçai la communication :

― S’il te plaît, dis-moi la vérité et ne me cache rien. Que ce soit mes voisins ou mes amis ou mes collègues, tous ont des comportements bizarres envers moi et personne ne me dit ce qui se passe. Dis-moi s’il te plaît ce que disent les gens.

Ma demande faite, je restai confus pendant des secondes, surpris et étourdi par le courage de mes propos. J’étais cependant soulagé d’avoir ébréché le mûr de la vérité. En effet, j’avais confiance que mon ami me dirait les choses avec exactitude. Il me dit ce que je redoutais :

― Les gens disent que tes ancêtres te suivent partout ; qu’ils sèment le trouble partout où tu passes par des couches de nuit. Ils troublent les personnes que tu côtoies dans leurs rêves.

J’eus de la peine à respirer à l’écoute de sa réponse. « C’était donc vrai ! ». Je voulus me replier dans le silence mais l’urgence de la fuite prit le dessus. Je n’eus pas idée de demander conseil à John ; je le remerciai et partis aussitôt.

Sur le chemin, je m’efforçai de rattraper ma colère par des questions objectives : « Pourquoi les ancêtres gâteraient-ils mon nom ? » ; « Pourquoi s’acharnent-ils contre ma vie ? » ; « Que me veulent-ils ? » ; « Lesquels des ancêtres commettent-ils de telles choses ? » ; « Et si je voulais me débarrasser d’eux, comment faire ? » ; « Le chrétien peut certes chasser les démons au nom de Jésus. Peut-il aussi chasser les esprits des ancêtres au nom de Jésus ? » ; mes questions manquaient de réponses.

Je ne savais encore rien de ce que la Parole de Dieu dit de telles choses et si tous à l’église restaient jusqu’ici silencieux, c’est que personne n’avait de conseil spirituel valide à me donner. Pour ces raisons, la solitude restait ma seule consolation. Mais que résolvait-elle ? La solitude sans une communion fructueuse avec le Seigneur est traumatisme existentiel et j’avais besoin d’avancer.

Depuis des semaines déjà, je n’étais plus allé au travail et la fin du mois approchait. Je retournai à la maison. Je m’assis directement sur mon bureau de chambre, déterminé à trouver la solution appropriée. Mes ancêtres avaient fâché plusieurs personnes et le retour en grâce exigeait le pardon. Du moment qu’ils n’étaient pas visibles et capables de demander pardon, n’était-ce pas à moi de le faire à leurs places. Certainement ! Mais ne pouvaient-ils eux-mêmes demander pardon par le même procédé qu’ils utilisaient pour commettre leurs méfaits ? ». Difficile à répondre car est-il donné aux esprits de se repentir ? Le pardon n’est-il pas une obligation de l’homme dans la chair ?

Le problème était délicat et mes réflexions nombreuses : « Pourquoi les gens au lieu d’en vouloir directement à mes ancêtres, m’en veulent plutôt ? » ; « Pourquoi ces ancêtres n’ont-ils pas commis ces torts auparavant et c’est maintenant qu’ils les font ? » ; « Par-dessus tout, quel intérêt ont-ils à commettre ces actes ? Que gagnent-ils dans la luxure ? » ; J’avais des difficultés à comprendre et les questions ne m’avançaient guère.

Je repris la Parole de Dieu et relus le texte du matin. Le texte était précis : « Va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande. ». A cette relecture, ma pensée se focalisa : « Voilà la raison pour laquelle je n’arrive plus à prier et à louer Dieu ! Il faudrait demander pardon à mes collègues, voisins et frères en Christ pour tout le mal que mes ancêtres leur cause » ; estimai-je.

Mon embarras était égal. Aucune conviction de péché n’était établie en moi personnellement ; mais je me sentais mal. Au lieu de plaider la victime, je résolus de travailler au rétablissement de ma communion avec Dieu ; « Heureux ceux qui recherchent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu » ; dit Jésus-Christ. J’approuvai l’essai de la démarche.

Convaincu donc par les propos de John et surtout par la nécessité de retrouver le confort de l’adoration, je décidai de retourner au boulot le lendemain matin. Ma décision prise, je me rendis compte que mes vêtements étaient sales. Combien de jours avais-je fait sans me laver ? Combien de semaines avais-je passé sans faire de lessive ?

J’estimai convenable d’arriver aux bureaux dans les premières heures. Aussi, je lavai immédiatement un ensemble de sous-vêtements, une chemise et un pantalon, comptant sur le vent de la nuit pour les sécher.

La nuit fut difficile comme les autres, ponctuée de cauchemars et de réflexions sur les troubles qui rythmaient mes quotidiens.

Dès le lever du jour, je repassai mes vêtements et me lavai soigneusement. Mon apparence reprit un peu de vie, mais mon âme resta triste et dans l’abandon. Habillé et à genoux sur le bord du lit, je ne pus lever la voix en prières tant la lourdeur de mon cœur était acariâtre. « Pourvu que le patron me pardonne » ; soupirai-je. En fait, le pardon du patron était capital. S’il me pardonnait, il allait certainement motiver les collègues à cesser leurs mépris et leurs méfiances.

J’arrivai au bureau peu avant huit heures. La première personne rencontrée fut la secrétaire. Son accueil fut comme attendu :

― Ah ! Tu es là ? Remarqua-t-elle.

Je m’efforçai de sourire, mais la grimace de mon visage provoqua du dédain en elle. Je rentrai et m’assis silencieusement à mon bureau, sans un mot de plus. Notre box était séparé du secrétariat par une baie vitrée. Mon collègue de bureau arriva. Il m’aperçut mais ne me rejoignit pas. Je l’entendis plutôt chuchoter à la secrétaire : « Il vient faire quoi ici » ?

Fin de l’extrait.

Cette nouvelle  est en cours d’illustration et sera disponible avant le 1er Novembre 2016.

Nouvelle 2: Les dieux traîtres

Dieu est fidèle et bon. La maîtrise de soi est une forteresse invincible.

La nuit était épaisse et froide.

Je marchais depuis des heures. J’avançais vers l’inconnu. Je tenais à m’éloigner aussi loin que possible de cet environnement qui me rejetait.

Mon cœur était déchiré par la rancune.

Mon poste avait été attribué au fils du PDG de retour de Londres. Les collègues m’avaient conseillé de saisir le Bureau du Travail. Le pasteur m’avait rappelé que le chrétien supporte l’injustice et se remet au Dieu fidèle et bon. Selon lui, je devais pardonner et tourner la page ; ce que je n’arrivais pas à digérer. Pour moi, il ne comprenait pas ma peine. Pour moi, il ne savait rien du niveau d’injustice que je supportais.

J’aurais dû accepter cet emploi qui m’était offert un an plus tôt à Dakar. C’est vrai ! Trois mois avant la perte de mon emploi, mon camarade de l’école d’ingénieur m’avait supplié de le remplacer à son poste, car il était en partance pour un doctorat en médecine vétérinaire. J’avais dit non, assuré que mon propre emploi était meilleur et garanti. Et pourquoi n’avais-je pas accepté cet autre poste de chef de ferme avicole à Bingerville qui m’était proposé un mois plus tôt ?

Pour me remercier de mon dévouement, ils n’avaient rien trouvé comme excuse sinon : « Nous allons bientôt créer d’autres postes. Nous allons te rappeler ». Ils auraient pu me donner trois mois. J’allais me préparer. Mais rien de tel. L’homme a-t-il le droit de se jouer des autres ? J’accusai l’offense.

Pendant les premiers jours de chômage, je perdis la parole et m’enfermai dans le silence. Alerté par la nouvelle, le pasteur accourut, espérant me ramener à la raison.

― C’est Dieu qui doit être ton Seigneur et non le travail. Me dit-il ce jour-là. Un chrétien ne s’inquiète pas des lendemains… Même si tu t’estimes victime de licenciement abusif, pardonne et remets-toi à Dieu, il sait pourquoi.

Devant la persistance de mon silence, il ajouta :

― Plus tôt tu pardonnes, mieux ça vaut. Que Dieu t’aide à pardonner.

Pardonner. Humm !

Le braiement d’un âne me ramena à la réalité. « Apparemment, je traverse un village » ; constatai-je.

Je continuai ma marche. Il devait être déjà vingt-et-deux et je n’avais aucune intention de m’arrêter. Je voulais marcher jusqu’au lever du jour, marcher et marcher encore, marcher jusqu’à ce que j’atteignisse Kankan. Là-bas, j’allais peut-être trouver du secours.

Je traversai le hameau sans m’arrêter.

Le froid était glacial et les ténèbres intenses. J’avais de la peine à voir à quelques mètres. Tout à coup, je rencontrai un personnage curieux. Ses vêtements étaient sombres et il poussait quelque bagage sur son vélo. Il surgit à quelques mètres devant moi, comme d’une rue secondaire et je le suivis des yeux me disant que nous ferions quelque chemin ensemble. Qui était-il ? Où allait-il ? Parlait-il français ? Et s’il m’adressait la parole ? « Non, je ne lui répondrai certainement pas. » ; pensai-je. « A pareille heure de la nuit et en pleine brousse, il vaut mieux se taire. Il vaut mieux faire son chemin tranquillement ». Nous arrivâmes dans un petit village. Quelques boutiques étaient encore ouvertes et éclairées de lampes-tempêtes. L’homme au vélo prit une piste et nous fûmes ainsi séparés.

Dix à quinze kilomètres environs après l’étrange homme, la fatigue me surprit. J’avais faim et j’avais soif. J’avais quitté la maison déjà affamé, mais content d’échapper au stress et aux moqueries de mes voisins. Si encore mes employeurs s’étaient contentés de me licencier, les choses auraient été supportables. Paulin m’avait rapporté qu’ils se vantaient d’avoir « tout raflé » ; qu’ils se vantaient encore que personne ne m’emploierait tant qu’ils seraient en vie ; qu’ils se vantaient que mes jours étaient comptés sur la terre des vivants et que je les achèverai dans la nudité, dans la famine, dans la solitude et dans les larmes. Avaient-ils donc réussi ?

Comment donc s’étaient-ils organisés pour que je rencontrasse l’adversité partout, et même dans l’église ? De quel droit se jouaient-ils de moi ? Si je leur avais causé du tort, pourquoi ne m’avoir pas présenté ma faute afin qu’au moins je pusse présenter mes excuses ? J’avais vraiment du mal à digérer. J’avais de la peine à gérer les versions contradictoires de mon licenciement. A moi, ils m’avaient promis le rappel. Tout le scenario avait l’air d’une froide vengeance. Le mécontentement était en moi, l’amertume et l’aigreur, la colère et la rancune aussi. Je murmurais seul, je me plaignais dès que l’occasion m’était offerte.

Le compte des années gaspillées était devenu quotidien. Tous mes projets étaient à l’eau. La force de croire, la force de croire que demain est à faire n’était nulle part. La force de croire que le Seigneur est fidèle et présent à mes côtés n’était plus. Ma foi était rongée à mon insu et mon fiasco professionnel ne m’autorisait aucun espoir. « Quinze ans d’emploi, promesses sur promesses et le tout s’arrête comme ça. » ; ressassais-je sans cesse.

« Pourtant j’étais bien apprécié par mes collègues ! Pourtant c’est moi qui donnais des coups de mains et qui avais même formé les quatre collègues recrutés après moi. Pourquoi la discrimination ? Quand il s’agissait des tâches difficiles, tous étaient gentils et savaient compter sur mon expertise. Ai-je failli quelque part ? Quel dossier ai-je mal traité ? Combien de fois suis-je venu en retard ? Quel collègue aurais-je trahi pour suspecter une quelconque vengeance de sa part ? N’ai-je pas servi ces gens avec crainte et tremblement comme me l’enseigne la Parole de Dieu ? Et Dieu donc ? Est-Il conscient de l’injustice grossière dont je suis victime ?

Si Dieu a été avec moi pendant toutes ces années, pourquoi n’a-t-Il rien fait. Pourquoi ne m’a-t-Il pas permis d’accepter ou le poste de Dakar ou celui de Bingerville ? » ; ruminai-je vaincu.

Mes dettes de location n’arrangeaient rien et les moqueries des voisins et des frères en Christ étaient devenus insupportables. Les premiers évoquaient la sorcellerie, les seconds soupçonnaient les blocages spirituels qui nécessiteraient des jeûnes et des prières. Le jeûne dans ma maigreur avait-il un sens ? Ma peau semblait si proche des os !

Rien dans mes rêves n’indiquait espoir. Tous les thèmes annonçaient troubles et souffrances. Chaque matin, il fallait des heures pour que je revinsse à moi. Mes réveils étaient chargés de tant de frayeurs que je reportais systématiquement l’instant du coucher. Le sommeil devait surprendre mes yeux sans quoi il n’était pas à l’ordre du jour.

Ma vie était devenue fardeau. J’avais besoin de payer mes dettes et le bailleur avait déjà menacé par trois fois de me mettre à la rue. N’eût été l’intervention du pasteur à chacune des fois, ce serait déjà fait. Dans mon esprit, tout se bousculait. « Pourrai-je retrouver un emploi ? » ; était quelque fois ma préoccupation. J’avais reçu des repas, des aides pendant les premières semaines. Au bout de deux mois, tous étaient lassés et découragés. Personne encore ne passait.

Las de penser et de ruminer rancune, je décidai un jour d’aller chercher du travail.

Ce jour-là, je me rendis au marché, espérant aider à décharger les marchandises. Dès ma première demande de participation, le commerçant me dit plutôt :

― Tiens deux cent francs ; va manger.

Son don produisit un choc en moi. Je ne demandais pas la charité. Je tenais à travailler comme les autres. A mon insistance pour décharger, le Monsieur me répondit poliment :

― Le nombre de déchargeurs est complet.

M’étant éloigné en quête d’une autre opportunité, mes oreilles furent secouées par les paroles d’une vendeuse de légumes :

― Tu t’es regardé dans un miroir, va te soigner.

A ces mots, je reçus un second choc. Mais voulant me convaincre qu’il ne s’agissait pas de moi ; je me retournai pour la regarder :

― C’est bien de toi, tu es malade, va te faire soigner. Répéta-t-elle énergiquement.

Fin de l’extrait.

Cette nouvelle  est en cours d’illustration et sera disponible avant le 1er Novembre 2016.

Nouvelle 3: Délires, Illusions et Réalités

Le voile déchiré. Le temps vient à bout de toute dissimulation.

Je n’en pouvais plus. Deux mois de réclusion comme si j’étais un prisonnier. J’avais besoin d’air frais et mon envie d’évasion était à son optimum.

Mon colocataire était sorti depuis bientôt une heure. Assis sous la véranda, la fraîcheur de l’harmattan sous le soleil de 15 heures produisit en moi un désir intense de fugue.

Pourquoi me considéraient-ils tous comme un enfant ? Pourquoi avaient-ils perdu confiance en moi et me surveillaient-ils jours et nuits ? A 40 ans, un homme devrait être respecté tout de même !

Tout avait commencé comme dans un délire de persécution. A l’église, le comité des anciens m’avait retiré toute responsabilité. Pour eux, j’avais besoin de repos et ils s’étaient sentis poussés par l’Esprit à me l’accorder. Pour moi, c’était un coup de trop. Grâce à mes efforts, le département des enfants avait repris ses activités. Les parents mécontents de la négligence de leurs progénitures n’avaient cessé depuis le début de cette année 2012 de me féliciter, de me remercier pour les changements qu’ils observaient dans la vie de leurs gamins. Pourquoi donc cette mise en vacances subite ?

Mon co-ouvrier dans le ministère m’avait déjà mis en garde de l’intention d’arrêt de mon zèle par l’ancien Ziff. Etait-ce lui mon bourreau où avais-je vraiment besoin de repos ?

Deux jours avant cet incident, Jamie m’avait informé que son père et sa mère s’opposaient catégoriquement à notre intention de fiançailles. Pour eux, je n’avais pas de situation sociale confortable et ils ne tenaient pas à voir leur fille souffrir. Commerçants persévérants, ils avaient réussi dans les affaires et offraient un certain confort matériel à leur Jamie. J’avais écouté mes sentiments sans tenir compte du statut social qui est le mien. Mon salaire de 165000 francs CFA ne faisait donc pas le poids.

Je digérai difficilement l’attitude des parents de Jamie et pensant bien faire, je me rendis à leur boutique pour leur citer les Ecritures. Je savais bien faire car que dit le Christ : « Si ton frère a péché, va et reprends-le, s’il t’écoute, tu as gagné ton frère… ». Or ici, ils avaient péché. Le refus de m’accorder leur fille en mariage était fondé sur de fausses bases. En effet, la Parole de Dieu recommande de ne point tenir compte des différences sociales entre frères. A moins qu’ils ne fussent pas des chrétiens !

― Ce que vous avez décidé est purement charnel. Lui dis-je. Selon la Bible, nous ne devons pas juger les gens selon les apparences. C’est Dieu qui vous a fait ce que vous êtes. Et sachez bien une chose, j’aime votre fille et vous ne pouvez  m’empêcher de l’aimer. Vous savez bien qu’elle m’aime et si vous aimez réellement votre fille, vous devez la laisser épouser qui elle veut.

Contre ces arguments, le père de Jamie me regarda un instant. Après évaluation de mes vêtements, il répondit :

― Même Dieu est contre la pauvreté et il ne convient pas de faire alliance avec les pauvres.

J’étais perdu. Un ancien d’église qui met en avant l’argent ! Son mépris bloqua ma pensée. J’ouvris la bouche et ne pus dire mot. C’est lui qui continua :

― Ma fille se mariera avec une personne de son rang. Cherche pour toi une fille de ton niveau ; ajouta-t-il.

― Dieu pourvoira à nos besoins et soyez rassuré que ma situation actuelle n’est que passagère. Répondis-je.

― Oui va. Ma fille dort sous climatiseur et ses besoins mensuels dépassent le double de ton salaire. Va, Dieu pourvoira une fille qui te convient. Dit-il.

― Vous ne pouvez rien contre la volonté de Dieu ; répliquai-je.

― Parce que ton ministère prospère tu te donnes des ailes ? La volonté de Dieu est que tu saches respecter ton rang social. Ici, c’est moi qui décide. Acheva-t-il.

Cet événement me perturba. Jamie m’avait parlé de leur pauvreté des années 90. Combien ses parents avaient trimé pour leurs études. J’eus plus mal quand je pensai que c’était depuis cinq ans seulement que la croissance de leur commerce était significative et leur avait permis de construire leur villa actuelle. Ce papa était ancien d’église, il était censé regarder au cœur de l’homme et non à son porte-monnaie. Surtout que j’étais jeune ; je grandirai peut-être plus haut en affaires que lui. Dieu seul sait. Après tout, je n’étais pas si misérable que ça ! Je ne mendiais pas mon pain. Je ne comprenais pas.

Jamie était très zélée dans le service de Dieu et surtout très attachante. Sa présence me donnait réconfort et assurance. Son amour était si agréable et je m’étais fait à l’idée qu’elle serait la femme que Dieu m’a réservée. Je ne comprenais pas cette opposition inutile. Pourquoi bloquer l’amour ? Mes randonnées avec Jamie étaient plaisantes. Nous pouvions marcher des kilomètres sans se rendre compte. Nous pouvions papoter sans se lasser. Nous parlions de Dieu, de l’église, du ministère parmi les enfants, de mes problèmes avec les collègues et nous ne nous fatiguions pas.

Jamie est douce et douée d’une grande capacité d’écoute. A chaque fois qu’elle s’exprimait, je voyais en elle la compagne idéale. C’est à croire qu’elle choisissait chaque mot pour plaire à mes oreilles ! Sa voix en elle-même était un encouragement et jusqu’ici, je n’ai pas entendu de parole grossière sortir de sa bouche, même après le refus de ses parents de m’accepter pour gendre.

Je ne me laissai pas abattre. Je courus vers le pasteur, espérant avoir son soutien. Curieusement, il connaissait l’objet de ma visite.

― Je suis au courant ; me dit-il. C’est moi qui ai conseillé les parents de Jamie si tu veux savoir. J’ai déjà prévu un frère pour la sœur Jamie et je te conseille de l’oublier. Si tu n’as rien à dire, bonne soirée et le Seigneur te garde.

« Que le Seigneur me garde ! Quel Seigneur ? Il doit se comporter comme un pasteur ! Il aurait dû m’accueillir et m’écouter que de me jeter au visage une phrase aussi violente ! Qu’ai-je fait de mal ? Il n’a certainement pas le droit de décider de qui épouserait Jamie ! » ; disputai-je intérieurement.

L’attitude du pasteur aggrava ma souffrance.

Je ne pus me contenir. La colère monta et monta sans retenue. Etait-ce un complot collectif ? Et pourquoi le pasteur serait-il contre moi ? Je n’avais aucun souvenir de mauvaises actions, ni de mauvaises pensées contre lui. Alors pourquoi cette opposition ?

Le lendemain matin, mon colocataire me fit savoir que j’avais parlé toute la nuit. Quant à moi, je ne me souvenais de rien. Il me dit que j’avais eu un sommeil agité, comme si je parlais tantôt au pasteur, tantôt au père de Jamie, tantôt à Jamie, tantôt à sa mère. Selon lui, seule Jamie recevait des mots tendres. Les autres recevaient des paroles violentes et rancunières.

Nous étions Samedi et il fallait que je me retinsse. Nous avions réunion des moniteurs à 17h30 pour la préparation des enseignements du dimanche aux enfants. La journée fut calme. Je me remis grâce à ce verset qui retentissait silencieusement dans ma pensée : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. ». Romains 8.28 si mon souvenir est bon. La réunion se passa bien.

Le dimanche, j’étais au programme pour la classe des moyens (savoir les 7-12 ans). A peine étais-je arrivé à l’église qu’un des moniteurs me fit savoir qu’il m’était demandé de ne rien faire.

― Qui me demande de ne rien faire…

Alors que j’achevais ma question, j’entendis quelqu’un approcher, c’était le pasteur. Il me dit :

― Vu que tu es très fatigué ces derniers temps, le conseil des anciens a décidé hier, sous l’inspiration du Saint-Esprit, que tu as besoin de repos. Dès que possible, tu seras rappelé. Tu n’enseigneras plus les enfants à compter de ce matin.

J’ouvris la bouche pour répondre mais aucune parole ne sortit. Je voulus crier au scandale, mais aucun son ne sortit. Où étions-nous ? Dans la jungle, dans le monde ou dans l’Eglise du Dieu vivant ?

Le pasteur qui n’avait pas cessé de me dévisager ajouta :

― Nous avons décidé que le frère Josias pourra s’occuper des deux classes du niveau 2. D’ici la semaine prochaine, nous trouverons ton remplaçant.

La larme qui s’apprêtait à couler céda place à la rêverie. « Comme ça tout est déjà fait et riposter ne servirait à rien » ; Evaluai-je. Je m’apprêtai à lui demander pourquoi personne ne m’avait consulté avant leur décision, mais je me surpris à dire plutôt :

Fin de l’extrait.

Cette nouvelle  est en cours d’illustration et sera disponible avant le 1er Novembre 2016.

Nouvelle 4: Provocations Sensuelles

Les envies érotiques. La crainte de Dieu est une forteresse invincible.

Je venais de passer sur une chaîne adulte. L’image perçue me troubla et j’éteignis la télé. L’image zappée montrait un homme enfilant un préservatif. Qu’allait-il en faire ? C’est là ce que mon subconscient refusa de voir.

Mon premier contact avec cet objet eut lieu en fac, en Licence philosophie. Une camarade du « Club L’éveil » m’en offrit un. Je refusai discrètement, avec crainte qu’elle ne posât davantage de questions. J’étais alors étudiant professionnel. Leur distribution de condoms protecteurs s’effectuait dans le cadre de la lutte contre le sida et contre les IST en milieu universitaire. Elle insista mais je persistai dans mon refus.

Son insistance fut pour moi cause d’une grande gêne. Car comment dire à une belle fille qui vous admire qu’on est puceau à cet âge là. A 20 ans, beaucoup d’étudiants et d’étudiantes vivent déjà en couple. Nous étions en 2009 et j’étais au dessus de la trentaine !

Tous en classe savaient que j’étais chrétien car je ne ratais aucune occasion pour leur parler de Jésus-Christ. Je les incitais autant que possible à se détourner du péché et à confier leurs vies au Seigneur Jésus qui sait le mieux conduire toute vie. C’est tout de même curieux qu’elle m’offrît le fameux plastique car bien de fois, même n’étant pas chrétien, les camarades musulmans louaient bien la chasteté des chrétiens et ne manquaient pas de faire des reproches aux chrétiens qui se vautraient dans la fornication. « Comment toi qui es chrétien te comportes-tu comme ça ? » ; « Je connais des chrétiens qui ne font pas les mauvaises choses que tu fais. » ; pouvait-on les entendre reprocher.

Avec du recul, je me pose la question de savoir si celle-ci me provoquait ou si elle était sincère. Son offre m’énerva car en plus nous étions assez proches et elle en savait assez du Christ. Peut-être voulait-elle introduire un échange sur le sexe ? Je ne saurais le dire. Nous nous sommes séparés après l’année de licence et je ne puis dire dans quel coin du monde elle se trouverait.

L’heure du coucher s’approchait. Il était bientôt vingt-et-deux heures trente et je prenais habituellement un bain froid avant le lit. Le rafraichissement m’assurait une plongée rapide dans le sommeil.

Je fermai ma porte et rentrai dans la salle de bain. Mes vêtements ôtés, mes pensées plongèrent dans la vie de mes amis mariés. « Ils seraient certainement en train de s’apprêter pour une nuit de bonne compagnie. Leurs épouses sauront les écouter et leur donner des conseils. Elles sauront leur remettre ce qui leur revient et certainement ils seront en meilleure forme demain matin… ». Je me mis à rêvasser sur ma condition de célibataire et sur ma solitude. Je songeai à mes prières et à mes multiples jeûnes pour la rencontre de l’âme sœur. « Jusqu’à quand attendrai-je ? ».

L’image de mon corps dans le miroir me ramena au préservatif. Et si je l’eus pris ? Je l’aurais essayé, ne serait-ce que pour sentir ce que ressentent ceux qui les portent. Mais qu’auraient pensé mes amis ? Ils savaient bien que je respecte le Seigneur et ne m’engagerai point dans quelconque débauche. Si je l’eus pris, j’aurais au moins eu l’occasion de voir de près comment ça se présente. Au fait, les mariés chrétiens utilisent-ils les préservatifs ? Voilà une question ! Que conseillerait un pasteur au sujet du préservatif ?

Une chose est sûre, la fornication est contraire à la doctrine chrétienne et l’adultère aussi. Mais ce plastique serait-il utile pour les couples ? Avant que de m’en rendre compte, je fus envahi de désirs et mes pensées se mirent à flirter. J’évaluai toutes mes relations avec les sœurs en Christ (les chrétiennes) et me rendis compte que je n’étais même pas près d’être fiancé. Personne en liste dans quelque amitié pouvant aboutir à fiançailles ! « Seigneur, je suis un homme bien-portant pourtant. Que fais-tu des moqueries sur ma sexualité ? ».

Mauvais souvenir, pitié !

J’étais alors à l’école de marketing en 2001. Un camarade de classe m’entendant déconseiller la fornication, se moqua de nous disant :

― Y a-t-il un adulte qui ne baise[1] pas ?

Sur quoi l’ami répondit :

― Simon est un bon chrétien, il ne fait pas ces choses…

Le curieux répliqua :

― Mais comment fait-il avec son pied ?

Mon interlocuteur, pour m’agacer ou pour contrarier la suite de notre causerie, répondit :

― Il dort avec la ceinture attachée.

Ces souvenirs de moqueries me choquèrent et mon corps se ressaisit. Je pris rapidement mon bain et me couchai. Je ressassai quelques-unes des moqueries qui étaient régulières. Il ne fallait surtout pas aller loin. La corbeille des moqueries était pleine et fouiner à l’intérieur risquait me plonger dans l’auto apitoiement. «Le Seigneur est certainement au courant de mon besoin de mariage ; il sait bien que je suis en âge. » ; cette pensée me consola.

Je me couchai donc, volontaire pour dormir promptement comme à l’habitude. Il était en effet rare que je fisse plus de cinq minutes avant de trouver le sommeil. Ce soir-là fut différent. Après plus de 30 minutes au lit, le sommeil était absent. En quelques rares occasions pareilles, la lecture de la Parole de Dieu est pour moi le médicament immédiatement efficace.

Je me relevai et ouvris la Parole de Dieu. Je tombai sur les versets 1 à 8 du 7e chapitre de la première épitre de Paul aux Corinthiens (version LSG). Ce texte disait :

« 7.1 Pour ce qui concerne les choses dont vous m’avez écrit, je pense qu’il est bon pour l’homme de ne point toucher de femme.

7.2 Toutefois, pour éviter l’impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. 7.3 Que le mari rende à sa femme ce qu’il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. 7.4 La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari ; et pareillement, le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme. 7.5 Ne vous privez point l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière ; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence.

7.6 Je dis cela par condescendance, je n’en fais pas un ordre. 7.7 Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi ; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l’un d’une manière, l’autre d’une autre.

7.8 A ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu’il leur est bon de rester comme moi. 7.9 Mais s’ils manquent de continence, qu’ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler. ».

L’effet somnifère manqua le rendez-vous. Ma pensée exerça une compréhension sélective et seuls les versets 1 et 8 retentirent à répétition dans mon esprit. Les déductions se succédèrent les unes aux autres. « Si à 37 ans je ne suis pas encore marié, c’est que Dieu voudrait que je reste comme l’apôtre Paul. » ; « Si toutes mes relations et toutes mes tentatives de liaison ont échoué jusqu’à ce jour, peut-être est-ce une invitation de Dieu à demeurer seul ? » ; « Ah Seigneur ! Je me sens déjà si humilié ! Tant de moqueries pour le single que je suis ! J’ai honte chaque fois qu’on me demande si je suis marié, que ce soit dans des dossiers ou de visu.

Si j’avais vraiment ce don de célibat, aurais-je honte ?

Certainement non, car je le verrais comme une bénédiction. Certainement non car à la vérité, je soupire après ce que font les couples dans leur intimité ; et ma honte ne traduit-elle pas la gêne de ne pas avoir de relations sexuelles comme tout homme adulte normal ? Je ne pense pas avoir ce don, sinon je ne soupirerais pas si fréquemment à l’intimité conjugale.

Et voici bientôt 20 ans que je jeûne régulièrement pour tenir devant les pressions de la chair ! Je dois zapper de chaîne en chaîne quand devant la télé, car même les danses africaines me rappellent que j’ai l’âge d’être accompagné.

[1] Ce mot dans son contexte voulait dire : « qui n’accomplit pas la relation sexuelle».

Fin de l’extrait.

Cette nouvelle  est en cours d’illustration et sera disponible avant le 1er Novembre 2016.

Nouvelle 5: Un infiltré surdoué

Déboires et séductions. Dieu sait délivrer ses fidèles de tout piège.

― Tu sais, trahir son ami est la pire des décisions qu’un humain puisse prendre ; dis-je.

― Ouais ! Malheureusement ! Répondit Monsieur Latin. Où vas-tu trouver la fidélité ? Il est maintenant fréquent de voir les intimes amis se trahir sans scrupules. Les temps ont changé et les hypocrites se maquillent mieux.

― Je t’assure ! Dieu est le seul ami qui jamais ne déçoit. Dis-je.

― Qui a trahi Jésus ? N’est-ce pas son trésorier ? N’est-ce pas celui qui était tout proche ? Le monde tourne à l’envers et ce sont les traîtres qui sont justifiés, même dans les procès ; dit-il.

― La traitrise est une maladie grave. Répondis-je. Il faut être insensé pour trahir son ami ou son frère car la justice de Dieu tôt ou tard prévaut. Que Dieu délivre Ses enfants des faux amis et des faux frères.

― Amen ! Approuva-t-il ! Et je t’assure que la trahison est entrée même dans l’Eglise de Dieu. Jésus doit venir vite car l’heure est grave. Où aller finalement trouver des hommes de confiance ? Hier quand tu avais un « frère en Christ » devant toi, tu étais en paix à son sujet ; maintenant, beaucoup de loups s’appellent « frères en Christ ». Que Dieu ait pitié !

― Judas Iscariote qui trahit Jésus était dans l’Eglise ! Alexandre le forgeron qui cause du tort à l’apôtre Paul était dans l’Eglise ! Que Dieu ait vraiment pitié. Approuvai-je.

Monsieur Latin est notre Directeur Commercial et nous bavardions ainsi à la cantine pendant la pause. Suivez attentivement l’histoire et faites-moi part de vos jugements : peut-on faire confiance en l’homme ?

Au jour même où je causais librement avec Monsieur Latin, ma vie privée était critique. J’étais harcelé de jour comme de nuit et ma vie personnelle n’avait rien d’alléchant.

Pendant près d’un an, mes nuits étaient agitées. J’étais anxieux à l’approche du coucher et redoutais la terreur des cauchemars. Mes rêves n’annonçaient rien d’autre que la galère et la mort.

Au cœur des souffrances, une sœur aggrava mes craintes par une révélation qu’elle avait reçue en rêve me concernant. En la matière, sa réputation la précédait. « Ses révélations s’accomplissent toujours » ; disait-on à l’église. Elle affirma ce jour-là m’avoir vu en rêve dans une détresse inhumaine. Elle dit précisément :

― Frère Jean, dis-moi : qu’est-ce qu’il y a ?  Est-ce que ça va ? Est-ce que tu vas bien ? J’ai fait un rêve il y a deux jours déjà et dans ce rêve, je te voyais souffrir terriblement. Ta peine était grande et atroce, et tu rencontrais l’adversité partout ; eh ! Seigneur ! Je prie que le Seigneur vienne à ton secours.

Ses propos résonnèrent dans une oreille épuisée. Son alerte sonna comme une menace ; comme une annonce de défaite et je m’efforçai de me contenir.

― Ça va, le Seigneur est fidèle. Lui répondis-je.

L’effroi dans ses yeux était éloquent. La pression se fit dans ma pensée et sur mes lèvres. En dépit de l’intensité émotive lisible dans son humeur, je ne pus adhérer à sa renommée. Désireux d’évacuer ses menaces, je demandai :

― Qu’est-ce qui vous fait croire que votre rêve vient de Dieu ? Demandai-je.

― Ah ! Je ne cherche pas à vous effrayer ! Je dis les choses comme je les reçois. C’est à vous d’interroger le Seigneur. Expliqua-t-elle.

― Interroger le Seigneur pour quoi ? Demandai-je. Jésus-Christ demande de marcher selon Sa Parole et non selon les rêves.

― Que la paix soit avec vous frère. Je ne cherche que la volonté de Dieu. Que ce rêve soit pour vos ennemis et ne soient en rien le reflet d’aucun futur vous concernant. Jésus est fidèle et la Bible déclare que Dieu ne fait rien sans avertir ses enfants. Dieu lui-même vous conduira. Si le rêve vient de Lui, Il vous préparera d’avance et vous fortifiera. Dans le cas contraire, ne vous inquiétez pas.

― Ne pas m’inquiéter ? Demandai-je. Vous savez dans quelle affliction je vis depuis des mois et vous parlez de m’inquiéter ? Vous êtes une fausse prophétesse à ce qui me semble. Dieu dit : « Que votre cœur ne se trouble point » ; et vous venez de troubler le mien. Il dit de ne point s’inquiéter ; vous venez de semer la crainte en moi. La Parole de Dieu demande à la femme de se taire dans l’Eglise ; il me semble que vous devriez vous taire.

La sœur Linda se mit à trembler suite à mes propos, mais osa encore ; cette fois d’une voix émue :

― Excusez-moi frère, si je vous ai offensé. Ce n’était pas mon intention. Dit-elle.

― Vous êtes excusée ; répondis-je. Je sais que vous avez une réputation redoutable. Peut-être que je vous aurais compris si vous aviez dit les choses autrement ! Je vous supplie de m’excuser aussi. Que Dieu nous aide.

Je me sentis bien malheureux après cet échange. Son amie avait écouté en silence, sans dire mot. La sœur avait-elle dit juste ou pas ? Je n’en pouvais plus. J’avais besoin d’encouragements et non d’assommoirs. Mon amertume me trahit manifestement, car même si sa révélation était fausse ; je n’avais point besoin de la résister. Surtout qu’elle avait essayé de relativiser : « si le rêve vient de Lui, Il vous préparera d’avance et vous fortifiera » ; avait-elle ajouté. Ce qui d’ailleurs ne justifie rien car peut-on relativiser les prophéties de Dieu ? Un prophète parlera-t-il avec des « si » ?

Le problème est qu’elle connaissait ce que je traversais. Pendant près d’un an, j’avais lutté dans la prière. J’avais sollicité maintes fois le secours du groupe de prières et je me souviens entre autres avoir demandé pendant une des réunions : « Priez encore pour moi car ça ne va pas. Jusqu’à présent, dans mes rêves, je vois ma chambre comme ouverte, les gens y passent, entrent et sortent librement et je ne comprends pas. Il se pourrait que ces rêves soient anodins pour certains mais ils m’inquiètent. Je ne dors plus bien ; je sursaute régulièrement et mon cœur bat vite à chaque réveil. Je somnole au travail et même maintenant à l’église ». Cette énième demande eut lieu deux semaines seulement avant les révélations de la sœur Linda.

Son rêve s’est-il accompli ? Je ne puis dire. La détresse vécut par la suite fut certes intenses et douloureuses ; mais elle ne rencontra pas les caractéristiques du type de galère annoncé. Ou plutôt, les détails de la vision de la sœur n’étaient pas assez précis pour que je pusse jauger de l’exactitude de sa réalisation.

Après le heurt avec la sœur Linda, je préférai m’attacher davantage à la Parole de Dieu. Avant l’incident, La Parole était déjà mon refuge.  Elle seule m’autorisait à relever la tête devant la laideur des cauchemars. Par Elle, je relativisais les agressions nocturnes. Elle m’enseignait en effet de ne jamais me focaliser aux circonstances. Même si je ne comprenais pas encore comment vaincre les cauchemars et les oppressions dans mes sommeils, la Parole de Dieu m’aidait cependant à garder le bon sens et à ne pas céder complètement à la panique.

Dans mes lectures bibliques, je tombais par moments sur les prières de détresse du roi David dans les psaumes ; en d’autres moments sur les souffrances de Job qui dit par exemple : « Quand je dis : mon lit me soulagera, ma couche calmera mes douleurs, c’est alors que tu m’effraies par des songes, que tu m’épouvantes par des visions. Ah ! Je voudrais être étranglé ! Je voudrais la mort plutôt que ces os ! ».

Les textes de ces deux serviteurs sont de ceux qui m’aidaient fréquemment à surmonter mes frayeurs et mes doutes. C’est curieux ce que l’homme est fragile ! J’avais tous les jours besoin de les relire afin de ne pas sombrer car tous mes réveils étaient quasi égaux en frayeurs. Tous les jours, je me réveillais terrorisé. Les cauchemars dévastaient mon âme et l’adaptation était à refaire. Chaque réveil avait ses exigences et mon âme devait tous les jours savoir trouver du recours dans la Parole de Dieu.

Les expériences de David et de Job m’informaient que ce que je vivais était humain. Leurs tribulations vaincues m’annonçaient que Dieu qui les a délivrés saura un jour me donner pleine victoire. Dans mon cas, la lutte contre les turbulences nocturnes sembla longue et insurmontable.

Fin de l’extrait.

Cette nouvelle  est en cours d’illustration et sera disponible le 01 juillet 2017. Nous vous présentons nos excuses pour le retard accusé. Il n’a pas été du tout facile de trouver le dessinateur de talent dans les délais. Nous espérons que l’actuel vous satisfera.

Lire la Fiche complète de Confusions Spirituelles (Mises à jour le 17/06/2017)

NB: Pour des commodités historiques, nous avons changé les personnages et le titre de Délires, Illusions et Réalités. Dans la version actuelle, Jamie s’appelle Fanta, et le titre: Délires d’Amoureux.

Dieu vous bénisse,

Shalomed

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