Embrouilles des Dieux Amoureux (Nouvelle/Extraits)

Résumé :
Suite à l’échec de l’initiation de Philippe à la méditation transcendantale, Tonton Sammy enquête sur les dessous cachés du yoga. Alors qu’il entame sa recherche, son esprit guide se met en avant et lui offre son assistance. Le scénario se déploie entre deux mondes et s’achève brutalement. Au bout du compte une question subsiste : un esprit guide peut-il conduire son protégé dans la vérité ?
Du suspens à profusion à la gloire de Dieu.

Extraits de la nouvelle

Nous étions dimanche et c’est avec trépidation que j’avais attendu ce jour. L’initiation était prévue pour dix-huit heures et trente minutes. Pour l’évènement, le centre avait reçu une grande toilette. La salle était décorée de fleurs et de nouvelles nattes étaient étalées, ce qui donnait un aspect nouveau à la salle.

Les initiations commencèrent comme prévu. Puis vint mon tour ; il était dix-neuf heures et vingt-cinq minutes. Tonton Sammy, notre professeur habituel était ce jour-là l’assistant du gourou qui était venu de l’Inde, principalement pour l’événement. Cet homme s’appelait Maître Maheshi.

Je fus donc appelé à l’extérieur. Gourou Maheshi était assis sur une grande natte, un peu à l’écart. Peu de rayons de l’ampoule extérieure du bâtiment atteignaient son emplacement. Il était assis en tailleur et Tonton Sammy m’indiqua de m’asseoir en face de lui, en tailleur aussi. Pris de doutes, je priai intérieurement : « Seigneur Jésus, je n’ai pas tellement confiance en cet homme, je me remets à toi. J’espère qu’il est là pour le bien. » Il joignit les deux mains et s’inclina ; je fis pareil. Il pointa son index droit sur mon front et se mit à réciter des paroles dans une langue que je ne comprenais pas.

Initiation de Philippe

Après trois minutes environ, il se mit à trembler. Son torse nu et gras suait à grosses gouttes et je le regardais, interrogatif. M’attendant à ce qu’il me dît mon nouveau nom, il se mit à crier : « A bah ! A bah ! A bah ! » et pendant qu’il disait ces mots, il oscillait sa tête, droite-gauche, gauche-droite comme pour dire soit : « Non-non », soit : « Je ne comprends pas », soit : « Je ne veux pas ». Tout d’un coup, il retira sa main et dit des mots violents, des jurons on dirait. Ce faisant, il reculait vers l’arrière comme si apeuré par quelque chose ; finalement, il se retrouva hors de la natte avant de se ressaisir.

Tonton Sammy qui observait joignit les deux mains et s’inclina. Il me prit par la main, m’aida à me relever et me ramena vers les autres, à l’intérieur.

Mon suivant sortit, mais revint aussitôt avec Tonton Sammy qui informa :

― Les initiations sont suspendues pour ce soir, le maître s’excuse et vous prie de vous apprêter pour le dimanche prochain.

― Et ceux qui jeûnent depuis une semaine, ils font quoi ? lança un jeune dans la salle.

― Tout à l’heure son calendrier était très chargé et il devait partir demain. Philippe dis-nous ce qui s’est passé. Il poussait des cris bizarres avec toi, dis-nous, dit le second intervenant.

― Le maître a des problèmes et il veut voir clair. Les maîtres se dépassent, interrompit un troisième.

― Quels maîtres qui se dépassent ? Il n’y a rien à comparer ici. Jésus, c’est le sommet et c’est Philippe qui a tort, reprit le second.

― Je suis d’avis que Maheshi n’y est pour rien, c’est Philippe ; s’il aime Jésus tant que ça, il n’a qu’à rester à l’église ! Nous faisons quoi maintenant ? reprit le premier jeune maintenant for mécontent.

― Toi-même Philippe, qu’est-ce que tu cherches ici ? demanda Monsieur Bita. Nous sommes des chrétiens de nom, mais toi tu es fidèle et tu fais les choses de Jésus, tu cherches encore quoi ? Nous, on est là parce qu’on n’a pas le courage et la patience de suivre Jésus, c’est lui le vrai maître et tout le monde le sait.

« C’est lui le vrai maître et tout le monde le sait ! » La réflexion de Monsieur Bita me bouleversa. Je pratiquais assidûment le Hatha Yoga depuis bientôt six mois et personne ne m’avait rien dit de son caractère sectaire. Je le faisais en cachette et n’avais recherché le conseil de personne. Le fallait-il ? J’avais lu des affiches indiquant les avantages du yoga dans l’acquisition de la maîtrise de soi, dans la gestion des peurs intérieures et je m’étais lancé sans précautions encombrantes. Ce que j’espérais avoir, je m’étais investi pour l’avoir. Le gourou Maheshi venait de me désillusionner.

Le même soir, j’allai vers le responsable du Groupe Biblique des Elèves et Etudiants du Campus. C’est alors qu’il m’expliqua clairement la contrariété entre la doctrine du Karma et la Vie Eternelle telle qu’offerte par Jésus-Christ. C’est alors qu’il démontra la supériorité du Saint-Esprit sur l’esprit guide auquel Gourou Maheshi comptait me livrer.

La vérité me choqua. Constatant ma peine, Tonton Jo, le responsable du Groupe Biblique, me prêta une brochure : Le Maître Jésus-Christ et les Maîtres du Yoga. Je la parcourus toute la nuit. Dès les premières heures du lundi, je la photocopiai et courus offrir un exemplaire à Tonton Sammy.

(C’est Tonton Sammy qui parle)

Je pris deux jours de jeûne et demandai à Dieu de m’indiquer celui qui avait vraiment raison. L’initiation de Philippe m’avait troublé. L’attitude du gourou Maheshi était des plus décevantes. Je m’attendais à voir un homme parfaitement maître des circonstances et son échec devant Philippe causa un choc en moi. Je devais repenser, et rapidement repenser mon engagement comme professeur de yoga. Je devais reconsidérer mes aspirations de futur maître.

Je lus et relus la brochure de Philippe et pour me convaincre que le document n’était pas gratuitement contre le yoga, j’achetai une bible le mercredi qui suivit et m’efforçai de lire les paroles du Christ dans le Nouveau Testament. Mon choc fut grand. Toutefois, je n’abandonnai pas. J’étais déjà à ma dixième année de pratique. Je n’étais plus à mes débuts pour bâcler un engagement qui m’avait déjà coûté temps et investissements. Surtout que mon voyage pour l’Inde était en préparation.

Je résolus d’échanger avec l’encadreur de Ngoaki. Je le rencontrai dans la même soirée du mercredi. Il me reçut chaleureusement, joignant ses deux mains et s’inclinant comme nous avions habitude de nous saluer. Je lui fis part de l’évènement du dimanche au centre d’Assib. Tout naturellement il me répondit :

― Et alors, ça arrive ! Il se peut que le gourou n’ait pas le niveau, qu’est-ce que tu veux. L’incompétence se rencontre dans tous les métiers !

― C’est un vieux, c’est un sage, comment peux-tu parler si négligemment ? reprochai-je.

― La vieillesse ne fait pas la sagesse, la vieillesse ne fait pas la compétence non plus. Il se peut qu’il ait encore beaucoup à apprendre.

― Mais c’est le même gourou Maheshi qui conduit les initiations depuis maintenant cinq ans ! insistai-je.

― Et alors ? rétorqua mon collègue. S’il dort sur ses lauriers, tant pis pour lui. Qui n’avance pas recule.

La réactivité du collègue cassa mon élan. Pendant un instant, je dus reconsidérer mes lectures des deux jours.

― Sais-tu que Jésus-Christ donne gratuitement la Vie Eternelle à ceux qui suivent Ses enseignements ? demandai-je.

― Où est le problème ? demanda-t-il. Ceux qui veulent suivre Jésus vont à l’église, ceux qui veulent suivre Bouddha viennent au club, quel est ton problème ?

― Mon problème ? Je viens de me rendre compte que la doctrine de Jésus-Christ est contradictoire à celle de Bouddha et que bien de choses que nous enseignons sont opposées, répondis-je.

― Par exemple ?

― Le salut de Jésus-Christ est gratuit et totalement gratuit pour ceux qui le lui demandent. Alors que pour nous, nous devons travailler dur, faire des exercices. Faire monter l’énergie sexuelle de chakra en chakra, passer par des initiations, supporter les enseignements des esprits guides inconnus supposés nous conduire vers la fusion cosmique. Laquelle fusion n’est possible qu’à celui qui réussit à s’émanciper de la roue des réincarnations… oscillant la tête dans un mouvement contestataire, nous avons l’air des esclaves à côté de ceux qui suivent le Christ.

― Tu fais pitié. Apparemment tu ne sais pas ce que tu veux. Tu veux le beurre et l’argent du beurre. Voilà ton problème. Tout ce que tu dis, nous le savons bien et je suis étonné que tu viennes me débiter tes découvertes.

― Tu sais donc que la doctrine de la réincarnation est fausse ? demandai-je.

― Et quoi donc ? Si tu veux le Christ, pourquoi ne vas-tu pas les dimanches à l’église ? Je te le demande encore. Tu ne peux vouloir l’ésotérisme et le Christ. Sauf si tu es fou et stupide, répondit-il.

― Mais où est le problème ? Expliques-toi un peu, demandai-je.

― M’expliquer ? C’est toi qui viens avec des découvertes et c’est à moi d’expliquer ! Va-t-en avant que je m’énerve, dit-il.

― S’il te plaît, insistai-je.

Après un temps de silence, il dit :

― Esotérisme, c’est chercher dieu en soi, par des techniques et le soutien des esprits guides ; c’est développer l’énergie sexuelle et la faire circuler en soi ; c’est aussi apprendre à vivre les extases sexuelles. Je ne t’apprends rien ici puisque tu connais bien ces choses ; tu es de la boite ! Quant au christianisme, tu peux mieux expliquer, du moment que tu lis maintenant la Bible.

Je restai cependant curieux de sa connaissance du christianisme. Que savait-il vraiment du Christ ? Bluffait-il ou en savait-il quelque chose ? Sa provoque attisa mon intérêt et je voulus me fixer sur sa connaissance de la doctrine chrétienne.

― Que sais-tu de la doctrine de Jésus-Christ ? demandai-je.

― Dis-donc, va voir ailleurs. J’ai à faire, répondit-il.

― S’il te plaît, je veux connaître la différence entre les deux. Je m’en vais après ta réponse, insistai-je.

― Quelle réponse ? Tu es le dernier des ignorants, voilà ! Le yoga n’interdit pas la Bible ; va la relire, répondit-il.

― S’il te plaît, dis-moi ce que tu en sais puisqu’on y est, insistai-je embarrassé.

Il me regarda d’un air réfléchi et dit :

― Si tu crois au Seigneur Jésus, il te donne le Paradis, à condition que tu suives tous les jours les Saintes Ecritures. Avec le Christ, oublie le travail sur l’énergie sexuelle, les pasteurs vont te dire que c’est de la magie blanche. Nous cherchons Dieu en chacun de nous, le Christ révèle Dieu à ses adeptes, là est la grande différence. Les chrétiens sont limités par ce que le Christ leur révèle de Dieu, nous avons dieu en chacun de nous et nous le développons… l’adorons… dévelop… et puis tu m’énerves avec tes questions.

Mon collègue était confus à mesure qu’il avançait dans ses explications, il était convaincant cependant.

Avant de m’en aller, je risquai :

― Qu’as-tu gagné depuis toutes ces années que tu pratiques le Tantra Yoga ?

― Des extases de qualité et tu ferais bien de virer au Tantra, répondit-il fièrement.

― Quelqu’un m’a déjà averti que le Tantra Yoga était dangereux et exigeait beaucoup de prévenances et de précautions…

― T’inquiète, interrompit-il. Quand tu es prêt, je vais te former ; tu m’en donneras des nouvelles.

Je quittai le collègue, déterminé à aller loin dans la compréhension. Agacé par mes nouvelles découvertes, je retournai chez moi, rentrai dans ma chambre et refermai la porte. Je fis mes ablutions avec empressement et voulus engager une méditation. Je n’eus aucun effort pour plonger dans les visualisations ; mon esprit guide vint immédiatement et une discussion s’engagea aussitôt. Il avait l’air agité et préoccupé. Il me dit :

― Je vois que tu as maintenant beaucoup d’intérêt pour Jésus. Je suis venu te donner mes conseils comme à l’habitude.
Je voulus lui poser des questions sur la véracité de la réincarnation et des karmas. Il me devança disant :

― Je vais arranger une rencontre entre Jésus et toi, pour te montrer que tu n’as pas besoin de l’église ou de la Bible. Tu sais, Jésus est le sauveur de tout le monde et n’est pas le sauveur des chrétiens seulement.

Je l’écoutai, naïf et curieux. Ne disait-il pas que Bouddha était son maître ? Comment donc me parlait-il de Jésus plutôt que de Bouddha ? J’acceptai l’offre, curieux du lien qui m’était inconnu entre mon esprit guide et Jésus-Christ. Je suspendis la méditation et revint à la réalité. Telle que la scène s’était présentée, je savais qu’il fallait prendre les choses au sérieux. « Il se pourrait que des choses se passent, » estimai-je. Je restai suspendu sur la scène de l’initiation de Philippe, les questions sans réponses étaient nombreuses.

Au moment du coucher, je récitai quelques « mantras chrétiens » et m’endormis. Aux environs de deux heures et trente minutes, je fis une rencontre peu commune. La scène ressemblait à la réalité. L’homme que je rencontrai était beau de figure, de race blanche on dirait un juif, ses cheveux étaient noirs comme ceux des hindous. Il me tendit les bras et m’invita à l’embrasser. Sous son étreinte, je sentis tout ce qu’on peut dire de l’affection. L’étreinte était confortable et rassurante. Au bout d’un moment, il me regarda dans les yeux et me dit : « C’est bien d’aimer la vérité. Tu fais bien de me chercher et c’est pourquoi je suis venu à toi. »
Nous étions dans une salle immense. La hauteur de la salle pouvait atteindre 25 mètres et sa surface 3000 m². La salle ressemblait à un temple. A l’autel, il y avait à l’angle du côté droit une statue du Bouddha. Au centre de l’autel, un trône et un canapé. Le trône et le canapé formaient un grand obtus de plus de 160°. Il m’invita à m’asseoir sur le canapé et s’y assit aussi.

― Tu es un dévot que j’apprécie particulièrement, lança-t-il. Je tiens à te féliciter pour tout ce que tu as fait avec ton guide. Tu as beaucoup de chance de me voir et ta vie va changer après cette rencontre.

― Merci pour la rencontre, répondis-je.

― Je suis là pour répondre à tes inquiétudes. Ton guide t’a parlé de moi et tu peux me poser toutes tes questions.

J’étais ému, émerveillé et préoccupé par ce que je vivais. Je posai ma question :

― La réincarnation, la vie éternelle qui a raison ?

Silence. La réponse se fit attendre. Il sourit et me dit :

― As-tu une autre question ?

― La Bible dit de fuir l’adultère, la fornication et l’homosexualité ; alors que mon guide ne trouve en ces choses que des expériences naturelles utiles à l’accomplissement de soi ; qui a raison ?

Son silence se fit encore présent. Je voulus poser la question sur l’initiation de Philippe ; il me devança :

― Continue de lire la Bible, tu verras qu’il n’y a pas de contradiction, l’homme est sauvé par la foi et non par les œuvres et les Ecritures le disent bien. Si quelqu’un veut obéir à la loi, il doit obéir à toute la loi, ton guide n’a pas tort ; c’est une question d’interprétation.

« C’est une question d’interprétation, » m’entendis-je prononcer à haute voix.

J’étais maintenant réveillé. Il n’était pas encore trois heures du matin et je résolus de lire la Bible. Je me levai et me dirigeai vers le salon où ma Bible était restée. J’ouvris la porte donnant au salon et allumai. L’imprévisible me surprit et je sursautai. Mon corps tout entier se mit à trembler follement. Mon esprit guide était là – du moins celui que j’avais habitude de voir dans les visualisations et dans les rêves. Il était là, assis dans un fauteuil. Il me regarda tendrement et me dit :

― Tu ne vas pas lire ce livre.

Je le regardai, dubitatif et étourdi. « Que se passe-t-il ? » « Comment est-il là et comment sait-il ce que je viens prendre ? » La peur scella mes lèvres et je me sentis sans protection. Constatant mon effroi et mes tremblements, l’homme-esprit se fit doux. C’était ma première fois de le voir physiquement.

― Tu sais que je t’aime et ne peux te donner de mauvais conseils, annonça-t-il. Retourne te coucher et tout va bien se passer. Ne t’inquiète surtout pas. Tu sais, nous devons préparer ton voyage pour l’Inde et de meilleures surprises t’y attendent.

― Jésus vient de me conseiller de lire la Bible, ripostai-je.

― Oui, mais il se fait tard, n’oublie pas tes cours de demain ; conseilla le guide. Tu as besoin de repos. N’oublie pas la suite des initiations du dimanche prochain. Tu dois aller te reposer, ajouta-t-il.

― Parlant d’initiation, que dis-tu de celle de Philippe, puisque tu sembles tout voir.

― Mêle-toi de ce qui te regarde et laisse Maheshi gérer ses problèmes. Mon enfant, reprit-il, va te coucher. Sois gentil comme d’habitude et je te ferai connaître les meilleures expériences extatiques.

Fin de l’extrait

NB: Cette Nouvelle est traduite en Anglais sous le titre: Why I Left Yoga: Uncle Sammy Testifies of the Truth behind Yoga (Vous pouvez lire un extrait en cliquant sur le lien)

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